DANSE


DANSE
DANSE

Dans son acception la plus générale, la danse est l’art de mouvoir le corps humain selon un certain accord entre l’espace et le temps, accord rendu perceptible grâce au rythme et à la composition chorégraphique. Qu’elle soit spontanée ou organisée, la danse est souvent l’expression d’un sentiment ou d’une situation donnée, et peut éventuellement s’accompagner d’une mimique destinée à la rendre plus intelligible. Répondant à une aspiration inhérente à l’homme, elle a pu être considérée par certains, sans doute à juste titre, comme le premier-né des arts, car elle obéit à une impulsion irrésistible, satisfait tant le sens artistique que l’exaltation nerveuse ou musculaire. Elle a pour instrument, parfois exclusif, le corps qui engendre sa propre rythmique. Si elle n’accède à un degré satisfaisant d’élaboration que grâce à l’homo ludens , on ne peut cependant passer totalement sous silence le caractère esthétique inhérent, à certaines danses d’animaux – pariades le plus souvent. Par extension, les poètes ont pris l’habitude de parler de danse des éléments, des vagues, des nuages, des astres. Toute représentation cosmique suggère volontiers l’idée d’une danse dans laquelle chaque planète, chaque être occupe un rôle déterminé.

Même lorsqu’on écarte les phénomènes choréiques qui n’atteignent pas un niveau évident d’organisation artistique, le domaine de la danse reste immense. Les points de vue diffèrent selon que l’on examine danse féminine ou masculine, à mouvements amples ou étroits, rapide ou lente, extrovertie ou introvertie, danse religieuse ou profane, de cour ou populaire, théâtrale ou de société. La danse apparaît comme le reflet de la civilisation, des croyances comme de la psychologie de ceux qui l’élaborent. Tout groupe humain, tout individu se définit par la façon dont il danse, ou dont il apprécie telle manière de danser. L’époque contemporaine se révèle significative à cet égard, que l’on considère le recul des rituels choréiques, l’éclectisme et le goût de l’abstraction occidentale dans le ballet, ou bien encore les influences afro-américaines prédominant dans les danses dites mondaines.

Si l’on assiste à une régression de la danse religieuse – mis à part certaines de ses formes inférieures – , la danse de spectacle connaît une faveur croissante. Les danses de folklore espagnoles, russes, hongroises, basques, comme les rites sacrés hindous ou balinais, survivent parfois grâce aux adaptations, aux reconstitutions scéniques qui en sont proposées, en réaction contre l’uniformisation ambiante. En effet, le ballet académique élaboré jadis en France, en Italie et en Russie tend à conquérir le monde et s’épanouit aujourd’hui à T 拏ky 拏 comme à Melbourne, Cuba, Pékin ou New York.

1. Danses rituelles ou religieuses

La danse ne satisfait pas seulement des exigences physiques ou esthétiques. Elle n’a cessé, depuis les origines les plus obscures, de jouer un rôle important dans la vie religieuse de l’humanité. Elle est en effet un moyen privilégié d’entraîner l’homme hors des limites que lui impose la conscience de la réalité quotidienne. Cette sorte de gymnastique mystique permet de communier avec la nature, avec le rythme auquel est soumis l’univers. Certes les moyens employés comme les buts cherchés diffèrent selon les croyances. Toutefois, on peut observer des constantes; par exemple, les mouvements répétés obstinément tendant souvent à provoquer, au moyen d’un automatisme musculaire, une sorte d’inconscience.

Les cavernes habitées aux époques aurignaciennes ou magdaléniennes attestent l’existence de danses rituelles exécutées à l’âge paléolithique. On ne peut, à l’origine, distinguer danses religieuses et profanes. La danse est génératrice d’extase et imprégnée d’un caractère magique. L’action hypnotique des rythmes, conjuguée avec certaines évolutions stéréotypées, provoque des états psychophysiologiques qui peuvent suggérer, à l’extrême limite de l’excitation nerveuse, la «possession» et aboutissent souvent à une éclipse plus ou moins prolongée de la vie consciente. Ces danses peuvent être ramenées à trois types principaux sans qu’intervienne ici une antériorité quelconque.

L’ivresse choréique

Le premier relève essentiellement de la frénésie rythmique. Il consiste en trépignements, déhanchements, balancements et tournoiements, génuflexions, torsions du buste et de la tête au moyen desquels le danseur pense accéder au monde surnaturel. C’est ainsi que les chamans sibériens sont censés prendre contact avec les génies, que les Vedda de Ceylan, les Batak de Sumatra sont envahis par l’esprit des morts. De même en Afrique, les Haoussa soudanais ou les Songhaï du Niger entrent-ils en relation avec les esprits que viennent d’évoquer les tambours sacrés. L’érotisme se donne souvent libre cours dans ces sortes d’ivresses choréiques, dont les Africains déportés ont transmis le culte en Amérique. Les rites vaudous, les candomblés brésiliens apparaissent comme la reviviscence d’antiques cultes soudanais infléchis par le christianisme selon un curieux syncrétisme. Là encore, le danseur a l’illusion d’être chevauché par le dieu. Les derviches d’Islam tournoient indéfiniment. À la fin du XIXe siècle, aux États-Unis, la ghost-dance religion veut mettre les fidèles en communication avec les esprits. Tel est aussi le but des danses exécutées par les Shakers. Les extases pratiquées par les ménades et les satyres dans l’oribasie ont pu être utilisées à titre thérapeutique afin de guérir certains troubles. Des psychiatres, au Brésil notamment, ont tenté de les employer afin de guérir des maladies mentales.

Les danses imitatives

Le deuxième type de danse religieuse a un caractère imitatif et implique de la part des exécutants des dons d’acteur. Il suppose généralement le port de déguisements, de masques ou tatouages, d’accessoires évocateurs. Grâce au geste imitatif, le danseur croit capter une force et l’asservir. En concentrant son énergie, il veut avant tout figurer les événements désirés afin de les susciter, similia similibus . Le rôle de l’autosuggestion préalable suppose une exaltation plus ou moins violente qui conduit de la simulation consciente à la simulation inconsciente. Ces danses imitatives s’inspirent d’abord du cycle de la vie humaine, souvent des comportements d’animaux auxquels telle collectivité se croit liée et des phénomènes naturels que l’on veut soit provoquer, soit écarter.

Les premières sont essentiellement des danses de fécondité. Souvent phalliques et lascives, elles mettent l’accent sur la sexualité, la propagation de la vie. Aux danses de brigue largement répandues en Asie, notamment en Chine, répondent les hiérogamies célébrées dans les mystères d’Éleusis, en Crète et en Égypte. Parfois les danseurs brandissent des armes, lances ou flèches, qui représentent le principe masculin. D’inspiration voisine, les danses de fertilité pratiquées en Égypte dès le IIIe millénaire veulent, grâce à des mimiques adaptées, stimuler les récoltes: le danseur féconde la terre nourricière soit en la piétinant pieds nus, ou perché sur des échasses, soit en répétant les gestes des semailles, des moissons.

L’instinct d’agressivité s’exalte au moyen de danses guerrières qui évoquent les différentes phases du combat et célèbrent la victoire escomptée. À ce type se rattachent la fameuse danse du scalp en usage chez les Indiens d’Amérique du Nord, la pyrrhique spartiate, les gymnopédies et, moins directement, les joutes, tournois ou carrousels qui ont tenté à travers les continents de transformer le rêve en réalité, ainsi que les danses de funérailles et les danses macabres, qui ont toujours occupé une place importante.

Certaines danses magiques s’appliquent à imiter des animaux auxquels les danseurs se sentent liés par des affinités mystérieuses. Les unes ont un caractère totémique, leurs exécutants cherchant à s’identifier avec l’animal type dans lequel ils voient l’origine de leur clan. On en trouve des exemples chez les indigènes d’Australie, de Nouvelle-Guinée comme chez les Indiens d’Amérique. C’est également chez ces derniers que se trouve un autre type, lié à la chasse, la buffalo-dance , au cours de laquelle le danseur enveloppé d’une peau de bison et coiffé de cornes imite jusqu’à l’épuisement l’allure de l’animal avant de s’écrouler comme blessé mortellement par une flèche. De même au Venezuela suggère-t-on les gambades et grognements des sangliers, les sauts des oiseaux.

Les danses sacrées

Plus intéressantes sont les danses qui cherchent à créer une communion mystique entre l’homme et la nature. Le danseur doit faire ici un effort plus subtil d’observation et d’interprétation quand il veut évoquer la pluie, l’éclair, les cycles solaires ou lunaires, entrer en contact avec les éléments. Ainsi atteint-on le stade le plus élaboré des danses religieuses, qui substitue à l’imitation naïve un parti symbolique ou mythique, et suppose l’adoption de conventions. Initiés au rituel, les célébrants, revêtus de costumes, voire de masques consacrés, exécutent des évolutions rythmées. Les confréries de danseurs jouent notamment un rôle essentiel dans les rites funéraires, comme en témoignent les Bambara et les Dogon. Toutefois, l’Afrique se caractérise par une intuition extrovertie ou imitative, s’élance, bondit, alors que l’Asie introvertie préfère l’abstraction, le repliement méditatif et cérémonieux. C’est en dansant qu’en Chine archaïque l’empereur prend possession du monde, dompte les fleuves, aplanit les montagnes, chasse les démons. Peu à peu la Chine a inventé un ensemble de danses, dites ta-chao , qui permettent à chacun de s’intégrer harmonieusement dans le rythme universel. De nombreuses civilisations ont du reste un caractère astral.

Un des exemples les plus accomplis de danse sacrée demeure la danse hindoue, fondée sur le culte de Çiva Natar ja, qui crée le monde en dansant, anéantit par ses évolutions cadencées les forces maléfiques. Aussi a-t-il inspiré à ses fidèles l’antique tandava dont la violence virile contraste avec les évolutions féminines lasya attribuées à son épouse P rvat 稜. De même Vichnou et Lakshmi, Indra et Brahm sont-ils censés imposer leur présence au cours d’extases choréiques. Ils dictent au Ve siècle de notre ère le Natya-Veda puis le Natya-Sastra , à l’aide desquels on exécute ces danses liturgiques qui évoquent encore actuellement les mystères de la foi et les récits du R m yana. Étroitement associées au drame sacré, elles relèvent de quatre styles: kathak , kathakali , virils et dramatiques; manipuri et barhata-natyam , subtils et gracieux. Chaque attitude, chaque geste y revêt une signification précise. À l’aide d’un nombre considérable de poses ou mudr , qui commandent non seulement bras, mains, jambes, mais aussi cou, yeux, sourcils, front, le danseur parvient à exprimer les êtres, animaux, fleurs, vent, feu, dieux, astres. La pratique de ce vocabulaire mimique suppose une virtuosité, une souplesse et un contrôle incessants de tous les muscles. Les jambes ployées se détachent rarement du sol que martèlent les pieds. Toute l’orchestique se développe en dedans. La stylisation s’ajoute à la combinaison. Fruit d’une culture introvertie, cette évocation de la réalité s’exprime uniquement par l’abstraction. La compréhension de cette symbolique, comme celle des récits mythologiques qu’elle décrit, suppose de la part du spectateur une initiation préalable à ce langage ésotérique dont l’Extrême-Orient, notamment Bali, le Cambodge, et le Japon, ont proposé d’autres aspects, qui culminent dans le raffinement du n 拏 .

Selon l’Ancien Testament, les Hébreux dansent durant les cérémonies, le roi David bondit devant l’arche sainte au son des sistres et des tambourins. Dans l’Occident chrétien, la danse, bien que condamnée à plusieurs reprises comme résurgence païenne dans ses manifestations les plus frénétiques et scandaleuses, a longtemps été admise dans l’église même, qu’il s’agisse des rondes limousines dédiées à saint Martial, des processions bretonnes, provençales, ou bien des évolutions liturgiques des clercs, religieux, enfants de chœur dont les «Seises» qui évoquent devant le maître-autel de la cathédrale de Séville la ronde des anges au paradis décrite par saint Basile avant Fra Angelico.

2. Danse ludique, danse profane

Peu à peu la danse devient profane, simple divertissement social. À ce titre, elle réfléchit les aptitudes de chaque peuple, relève des différents folklores. Elle exerce un rôle dans la vie de toute collectivité comme de tout individu, et revêt volontiers un caractère amoureux, elle s’apparente donc aux rites de fécondité ou de brigue. Elle encourage plus ou moins la pantomime populaire, respecte l’alternance des temps rapides et lents, de la marche et des sauts. Un échange incessant s’établit entre les diverses couches sociales, transmettant aux unes le raffinement, aux autres l’énergie primitive. Parfois collective, dans la ronde notamment, la danse de société, après avoir séparé les hommes et les femmes, se pratique également par couples. Au début de notre millénaire se dessinent peu à peu les tendances inhérentes aux pays d’Europe.

L’Espagne joue à cet égard un rôle original. Si le danseur quitte peu le sol, il fait preuve, en le piétinant du talon dans le taconeo , de la plante et de la pointe du pied dans le zapateado , d’une étonnante batterie, d’une rythmique subtile. À l’Orient, il a emprunté le sens de la courbe qui cambre le corps, ploie les genoux, fait onduler les bras pâmés. À cela il faut ajouter ces tours nerveux qui font virer le torse ou le corps entier. Ces éléments de base se retrouvent dans la séguedille (seguidilla ), la zambra , le flamenco et toute la gamme des bailes régionaux: fandango , jota , bolero , habanera .

L’antique dualisme de la danse par couples, ouverte ou fermée, et de la danse de groupe va tendre à s’atténuer. Divers genres s’instaurent, répondant chacun à une catégorie d’aspirations. Ainsi la vitalité exubérante, juvénile, se réfléchit tour à tour dans la gaillarde, la tarentelle, la forlane, la volte, la bourrée, la gigue, le rigaudon, la gopak, la polka, le cake walk, le jitterburg, le jerk. Par contre la grâce, l’élégance suggèrent successivement la pavane, le menuet, l’allemande, la valse, la lesghinka, la polonaise, le paso-doble, le boston, le tango. Venue d’Angleterre au début du XVIIIe siècle, la contredanse remet en honneur, avec les danses à figures, le principe du jeu de société que l’on retrouve dans la mazurka et surtout le quadrille, le cotillon, la square dance.

Danses de folklore ou de société supposent parfois l’usage d’accessoires: clochettes chez les Basques, bottes souples chez les Caucasiens, rigides chez les Hongrois, claquettes métalliques chez les Américains dans la «tap-dance». Généralement, les Occidentaux se définissent au contact des Orientaux par un goût de l’en-dehors, des mouvements extrovertis, de l’élévation et cette aptitude à dégager, à développer harmonieusement les membres, qui s’épanouira ailleurs idéalement dans la danse académique.

En fait, l’invention ici a pour seules limites les capacités des amateurs. L’apport exotique est toujours apprécié. Depuis le début du XXe siècle, on constate l’alternance des influences brésiliennes (rumba, mambo) et nord-américaines (fox-trot, slow, charleston, boogie-woogie). Le fait que la vie de société rurale ou citadine subit une éclipse progressive entraîne une simplification des pas, une réapparition des danses solitaires, tel le madison. Toutefois, il est certain que danse de couple et danse de groupe conservent aujourd’hui comme hier un attrait proportionnel à leur nécessité psychophysiologique.

3. La danse théâtrale

Lorsque la danse se présente sous la forme du ballet et qu’elle devient un spectacle en Europe [cf. BALLET (HISTOIRE DU)], la plastique prend une place considérable qui l’éloigne de ses origines magiques et religieuses. La définition qu’en donne Théophile Gautier ressortit à l’esthétique du spectateur: «La danse est l’art de montrer les formes élégantes et correctes dans diverses positions favorables au développement des lignes.» On est alors bien loin de la parole gnostique: «Celui qui ne danse pas ne sait pas ce qui se passe.» C’est pourtant en se référant à ses origines que les chorégraphes et les critiques les plus exigeants voudront rendre évident le sérieux d’un art si souvent considéré comme frivole.

La danse ne figure pas dans la monumentale Esthétique de Hegel, qui est aussi une histoire du monde. Pourtant, en 1810 l’écrivain allemand Henrich von Kleist, dans une courte nouvelle sur le théâtre de marionnettes, a paradoxalement formulé une idée intéressante: un danseur a l’habitude d’assister aux spectacles de marionnettes qui, prétend-il, lui apprennent mieux que toute autre chose comment les seules lois de la pesanteur articulent infailliblement la poupée que l’animateur tient au bout de ses fils. En revanche, le jeune homme qui répète volontairement le geste naturel par lequel il rattache sa sandale se rend ridicule et franchement comique dans son effort vain pour reproduire le même mouvement. La conscience a fait perdre à l’homme l’innocence du paradis. Lorsque le danseur Vaslav Nijinski répète: «La grâce est un don de Dieu», les sens esthétique et théologique du mot s’entrecroisent.

Ainsi s’explique le malaise que nous éprouvons en présence d’automates qui imitent et caricaturent l’action d’êtres vivants et conscients – qui à leur tour, conditionnés par l’impeccable technique de la danse académique, peuvent faire penser à d’artificielles mécaniques. De Coppelia à Petrouchka , le ballet n’a pas manqué de jouer sur cette équivoque. L’homme entouré de machines, dans l’usine du Pas d’acier de Serge Prokofiev, est lui-même l’objet du Ballet mécanique que composa l’Américain George Antheil pour le film de Fernand Léger. Un gigantesque Gulliver-robot tire les fils des personnages lilliputiens d’une humanité naissante dans le ballet Schema d’un chorégraphe américain familier des marionnettes, Alwin Nikolaïs.

L’histoire du ballet est une suite de contradictions, issues du paradoxe de Kleist. L’opéra-ballet ne fait pas oublier les belles manières du ballet de cour. Ces spectacles somptueux et féeriques font à la danse une place qu’elle n’occupe jamais seule. Elle accompagne et illustre un récit héroïque, légendaire ou mythologique dont la musique, le chant et parfois la parole sont partie intégrante. Quand Jean-Georges Noverre écrit ses fameuses Lettres , les principes de la danse classique sont définitivement codifiés. La question, pour lui, est de savoir si un tel vocabulaire, réglé et restreint, suffit pour intéresser les spectateurs à un développement dramatique, avec ou sans le recours à la mimique. Le «Shakespeare de la danse» hésite et se contente de faire confiance à la Nature et à la Raison.

Ce problème semble résolu lorsque au XIXe siècle s’impose le ballet romantique. Le costume s’adapte aux mouvements de plus en plus difficiles et audacieux, jusqu’à créer un monde irréel, où les chaussons et le tutu, sur le maillot de rigueur, deviennent les symboles d’un art dont la perfection ne paraît plus pouvoir être surpassée. Il en est encore ainsi de nos jours.

À ce moment, la danse est essentiellement féminine. Est-ce en pensant à Carlotte Zambelli sur pointes, à Isadora Duncan en tunique et pieds nus, ou à la Loïe Fuller dans ses voiles de lumière, que Stéphane Mallarmé a reconnu dans leur art le sien, la poésie? «La danseuse n’est pas une femme qui danse», parce qu’elle n’est plus femme mais métaphore – et elle ne danse pas parce qu’elle est écriture sans scribe. La danse pure ou abstraite est ainsi déjà imaginée et définie.

Or, c’est en chorégraphiant l’Après-midi d’un faune que Nijinski repose et déploie sa quasi-nudité animale en des mouvements et des gestes tels qu’on n’en avait encore jamais vu sur scène. Diaghilev venait d’arriver pour faire parler à la danse le même langage nouveau que la musique et la peinture. L’après-midi d’un faune , Le Sacre du printemps et Parade détruisent l’image conventionnelle du ballet et rappellent sur la scène les véritables origines païennes, folkloriques et populaires de la danse.

Il y a certes d’autres manières de danser. L’Asie et l’Afrique en offrent l’exemple, mais il s’agit toujours de codes très élaborés, conservés et transmis par la tradition, d’un système de signes que l’on ne comprend bien que de l’intérieur. En dehors des ensembles de significations auxquels ils appartiennent, des gestes séparés n’ont plus de sens. En Europe, les études de théoriciens comme François Delsarte, Émile Jaques-Dalcroze et Rudolf Laban ont tenté de faire l’inventaire de l’expression corporelle. Elles ont bien enseigné aux danseurs à respirer autrement, ou à changer les conditions de leur équilibre et de leur effort, mais c’est finalement le chorégraphe (Vaslav Nijinski, Leonid Massine ou Kurt Jooss...) qui décide de choisir et d’utiliser les procédés que ces répertoires mettent à sa disposition. Les seuls justaucorps et collant ont, de nos jours, mis en évidence toute la virtualité dont est capable le «corps blanc», ainsi que le nomme Michel Serres.

Considérablement renouvelés dans leur forme et dans leur esprit même, qu’en est-il aujourd’hui des spectacles de danse?

Maurice Béjart réunit dans un espace, que l’on imagine facilement circulaire et en plein air, un public qu’il invite à célébrer comme un rite le culte religieux qui n’a d’autre objet que la danse même. Aussi sa chorégraphie du Sacre du printemps substitue-t-elle au caractère sacrificiel de la légende – la danse à mort de l’Élue – une optimiste apothéose de l’amour, fort éloignée des origines de la tragédie auxquelles Stravinski et Nijinski étaient restés fidèles.

Les prodigieux moyens que les techniques audiovisuelles offrent au théâtre ont changé le décor des grands spectacles: jeux de lumières infinis et à profusion, transformation instantanée des lieux, projections, cinéma et bruitages. Est-ce pour cela que Carolyn Carlson, qui débuta dans les extravagances savamment calculées d’Alwin Nikolaïs, a trouvé à l’Opéra le cadre idéal pour projeter ses obsessions narcissiques et oniriques? La logique du désir que cache l’incohérence des rêves a trouvé dans cette lectrice de Gaston Bachelard la magicienne qui a fasciné le public.

L’indépendance de la danse à l’égard de la musique va s’affirmer. Une percussion a suffi à Serge Lifar pour représenter Icare : expérience personnelle qui n’a pas eu de suite. Plus féconde a été l’introduction de la musique concrète dans la Symphonie pour un homme seul qu’a dansée Béjart. Mais c’est Merce Cunningham qui est allé le plus loin: l’espace n’a plus de centre, le hasard et l’improvisation s’intègrent à une chorégraphie dont la notation est aussi complexe qu’un calcul de probabilités. La musique de John Cage obéit aux mêmes principes, dans une durée sans commencement ni fin. La réussite d’Un jour ou deux plaçait le spectateur dans l’état de bonheur que recherche la sagesse orientale.

Les spectacles ne sont pas «riches» ou «pauvres» selon les lieux. Carlson, Cunningham, d’autres, se montrent aussi à leur aise, aussi bien eux-mêmes, sur la scène d’un grand théâtre que dans une petite salle inconfortable, preuve s’il en est que ce qui se passe ne se passe nulle part. Les jeunes compagnies, multiples et voyageuses, qui travaillent si souvent dans la pauvreté matérielle la plus extrême, trouvent la possibilité d’intéresser, même dans la rue ou sur les toits, l’homme ordinaire à leur art – trop difficile cependant pour faire participer le public à sa création.

Les objets les plus usuels de la vie quotidienne entrent souvent dans la danse. Ils n’y figurent plus à titre d’emblèmes pour provoquer un fantastique qui avait la faveur de Roger Caillois. Les chaises du café Müller dansent un authentique ballet que l’humeur ou l’humour cruel et sarcastique de Pina Bausch rend aussi inquiétant que l’ordre ou le désordre du monde qui l’entoure.

Il semble qu’il n’y ait rien de commun entre ces différents exemples de la danse contemporaine. On y retrouve pourtant, sauf chez Béjart, les caractéristiques si fréquentes de tous les arts de notre époque: la dissociation, l’éclatement, la juxtaposition de tout ce qui était jusqu’alors si bien uni qu’on n’y voyait plus la part de convention qui entre dans notre perception des choses. L’incommunicabilité est évidente, tout est en quelque sorte à côté de tout et de n’importe quoi. On s’est tant de fois demandé si la danse, et surtout au théâtre, était ou non capable de tout exprimer! À voir tout ce qu’elle nous a offert et comment elle est comprise, il est clair qu’elle est bien un authentique mode de connaissance du monde spirituel, le corps transfiguré par la grâce d’un instant privilégié.

danse [ dɑ̃s ] n. f.
• v. 1172; de danser
1Action de danser. Suite de mouvements du corps volontaires, rythmés (le plus souvent au son de musique), ayant leur but en eux-mêmes et répondant à une esthétique. Exécuter une danse. Musique de danse. Pas, figure de danse. Chaussons de danse. pointe, demi-pointe; ballerine. Costume de danse. maillot, tunique, tutu. Cours de danse. Danse exécutée par une personne ( danseur) , un couple, un groupe de personnes. Danse religieuse, danse rituelle (guerrière, de fécondité, de chasse). Danse profane. Danse folklorique. bourrée, farandole, ronde. Danse russe, que les hommes dansent accroupis. Danse du ventre. Danses espagnoles : fandango, flamenco, jota, paso doble, sardane, séguedille, zapatéado. Danses grecques (sirtaki), hongroises (czardas), polynésiennes (tamouré). Danse rythmique, danse acrobatique, qui participe de la gymnastique, de l'acrobatie.
Spécialt Art de la danse, un des beaux-arts. « la Danse [...] n'est que l'action de l'ensemble du corps humain [...] transposée dans un monde, dans une sorte d'espace temps, qui n'est plus tout à fait le même que celui de la vie pratique » (Valéry). Danse classique. Danse de caractère. Danse réglée. Danse figurée. ballet, chorégraphie, orchestique. Personne chargée d'organiser la danse. chorège, chorégraphe, maître (de ballet).
Le fait de danser en société ( danseur, 3o ; bal, boîte, dancing, discothèque , guinguette, rallye, sauterie, surprise-partie). Piste de danse. Orchestre de danse. Ouvrir la danse, la commencer. Danses anciennes : allemande, bourrée, branle, cancan, chahut, contredanse, cotillon, courante, forlane, gaillarde, galop, gavotte, loure, mazurka, menuet, passe-pied, pavane, polka, quadrille, rigaudon, saltarelle, scottish, volte. Danses du XX e siècle : be-bop, biguine, blues, boléro, boogie-woogie, bossa-nova, boston, 2. break, cake-walk, calypso, charleston, fox-trot, java, jerk, lambada, mambo, one-step, paso doble, rap, rock, rumba, samba, shimmy, slow, smurf, swing, tango, twist, valse, zouk. « Les danses s'interrompirent, les couples se dénouaient, et l'on cessa de voir tourner les monstres bicéphales » (Jaloux). Championnat, marathon de danse.
Danse sur glace : discipline du patinage artistique.
2Musique sur laquelle on danse ou on peut danser. Musique inspirée d'un rythme de danse. Suite de danses. Les danses norvégiennes de Grieg.
3Loc. fig. Entrer dans la danse : entrer en action, participer à qqch. (cf. Entrer en scène). Péj. Mener la danse : diriger une action collective (cf. Mener le bal).
Vieilli, fam. Donner une danse à qqn, lui administrer une correction.
4Par anal. Série de mouvements rythmés qui évoquent la danse. La danse des feuilles, des vagues. La danse des animaux à la saison des amours. (1754) Danse de Saint-Guy : chorée.
⊗ HOM. Dense.

danse nom féminin Art de s'exprimer en interprétant des compositions chorégraphiques ; activité qui s'y rapporte : Cours de danse classique. Suite rythmée et harmonieuse de gestes et de pas : Elle exécuta quelques pas de danse. Cette suite de gestes et de pas définie par le rythme du support musical sur lequel on l'exécute, plus ou moins codifiée, et qui se pratique en couple ou en groupe : La valse, le tango, le rock sont des danses. Composition musicale écrite pour la danse. Mouvement incessant de quelque chose : La danse des flammes dans la cheminée. Succession incessante de variations, de modifications ; valse : La danse des valeurs à la Bourse. Éthologie Exécution codifiée d'actes moteurs jouant un rôle dans la transmission d'informations permettant le déroulement d'une activité particulière. Musique Mouvement de suite, de sonate ou de symphonie écrit sur le rythme d'une danse. ● danse (citations) nom féminin François René, vicomte de Chateaubriand Saint-Malo 1768-Paris 1848 Les danses s'établissent sur la poussière des morts, et les tombeaux poussent sous les pas de la joie. Vie de Rancédanse (expressions) nom féminin Familier. Entrer dans la danse, commencer à agir, participer à une action en cours. Familier. Mener la danse, diriger une action collective. Danse macabre, thème fréquent à la fin du Moyen Âge, qui montre des gens de tout âge et de toute condition entraînés par des squelettes dans une ronde fatale. Danse folklorique, danse et type de danse traditionnels, caractéristiques d'une région ou d'un pays. (La sardane, par exemple, est une danse folklorique catalane.) Danse moderne, forme de danse de spectacle, née simultanément aux États-Unis et en Europe au début du XXe s., caractérisée par l'utilisation de techniques et de styles divers destinés à traduire des émotions. (→ expressionnisme, modern dance.) Danse de Saint-Guy, synonyme de chorée de Sydenham. ● danse (homonymes) nom féminin danse forme conjuguée du verbe danser dansent forme conjuguée du verbe danser danses forme conjuguée du verbe danser dense adjectifdanse (synonymes) nom féminin Neurologie. Danse de Saint-Guy
Synonymes :
- chorée de Sydenham

danse
n. f.
d1./d Suite de mouvements rythmiques du corps, évolution à pas réglés, le plus souvent à la cadence de la musique ou de la voix. Pas de danse. Cours de danse. Danse classique, rythmique, traditionnelle.
d2./d Air, musique à danser. Jouer une danse.
d3./d Fig., Fam. Correction, volée de coups.
d4./d Loc. fig. Entrer dans la danse: s'engager dans une entreprise, une bataille, à laquelle on n'avait d'abord pris aucune part.
Mener la danse: diriger une entreprise, une affaire, une action.
d5./d Danse de Saint-Guy: chorée.

⇒DANSE, subst. fém.
I.— Mouvement rythmique du corps de l'homme.
A.— Au sing. Activité ludique d'une personne seule ou de plusieurs partenaires, consistant à exécuter une suite de pas, de mouvements du corps et d'attitudes rythmiques, le plus souvent au son d'une musique instrumentale ou vocale. L'art de la danse; une salle de danse; musique de danse; aimer la danse. La sculpture n'a pas été cultivée avec un grand succès chez les Allemands (...) parce qu'ils n'ont guère le tact ni la grâce des attitudes et des gestes, que la gymnastique ou la danse peuvent seules rendre faciles (STAËL, Allemagne, t. 3, 1810, p. 371). La danse est chargée de réunir la plastique à la musique par le miracle du rythme (FAURE, Esprit formes, 1927, p. 206). Elle était assise, les pieds en espadrilles tendus comme pour faire des pointes... — J'ai étudié la danse, — dit-elle — avant mon mariage. J'ai obtenu des leçons de danse de ma famille (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 157) :
1. ... nos membres peuvent exécuter une suite de figures qui s'enchaînent les unes aux autres, et dont la fréquence produit une sorte d'ivresse qui va de la langueur au délire, d'une sorte d'abandon hypnotique à une sorte de fureur. L'état de danse est créé.
VALÉRY, Degas, danse, dessin, 1936, p. 26.
SYNT. Accessoires, chaussons, costume de danse; figure, leçon, maître, musique, orchestre de danse; Terpsichore, muse de la danse; étudier la danse, faire de la danse; la danse de Salomé devant Hérode.
P. ext. [En parlant d'animaux dressés] Danse de l'ours. La fascination que la danse du python exerçait sur les habitants de la forêt (DAVID, Cybern., 1965, p. 55).
En partic.
1. Action de danser. Commencer la danse; donner le signal de la danse; la danse languissait, reprit. La sirène d'un navire de guerre emplit la salle. Aussitôt un coup de cymbales furieux s'y mêla, et la danse recommença (MALRAUX, Cond. hum., 1933, p. 197).
Avoir l'air, le cœur à la danse, en danse. Avoir envie de, être disposé à danser; au fig. être captivé par une action en cours, une circonstance donnée, ou encore, avoir l'esprit vif, éveillé, être de bonne humeur. Gassien, garçon expéditif, a toujours le cœur en danse (ARNOUX, Suite var., 1925, p. 140).
Mener la danse [La danse désigne une farandole] Lord Seymour donnait le branle; d'aimables fous avec lui menaient la danse (SAINTE-BEUVE, Nouv. lundis, t. 6, 1863-69, p. 146).
P. anal. Des becs de gaz (...) dont certains clignotaient en projetant, sur la chaussée, des tourbillons d'ombres furtives pareilles à des feuilles mortes menant leur danse nocturne et capricieuse, au gré de leur humeur fantasque (CARCO, Nost. Paris, 1941, p. 42).
Au fig. Mener la danse. Diriger une action collective. Santerre irait tranquillement se coucher seul, attendant son heure, menant la danse, en gaillard prudent qui se ménage (ZOLA, Fécondité, 1899, p. 72).
2. Manière générale de danser :
2. Christine (...) plaçait le talon droit dans la concavité du pied gauche — une, deux, trois. — Puis, demi-courbée, et ensuite redressée en un long glissement de danse, elle se retrouvait le talon gauche dans la concavité du pied droit, — quatre, cinq, six.
MALÈGUE, Augustin, t. 1, 1933, p. 110.
SYNT. Une danse échevelée, élégante, effrénée, expressive, folle, frénétique, gracieuse, lascive, légère, pure, voluptueuse.
B.— P. méton.
1. Au sing. et au plur. [En parlant de la technique de la danse]
a) Technique qui règle l'exécution de la danse notamment professionnelle, manière typique de danser dans une circonstance particulière ou propre à une personne ou un groupe de personnes. Ici, vous n'apprendrez que des pas qui ne se dansent plus, le menuet, la gavotte (...). Et se rengorgeant :« Je suis professeur de danses mortes » (A. FRANCE, Vie littér., t. 4, 1892, p. 282). Il n'y a pas de danses nationales, il n'y a qu'une danse populaire unique qui ne s'arrête à aucune frontière (LIFAR, Danse, 1938, p. 267).
b) Ensemble de pas, de mouvements déterminés portant souvent un nom spécifique. Exécuter une danse. Je les vis [les négresses] (...) commencer (...) cette danse lascive que les noirs appellent la chica (HUGO, Bug-Jargal, 1826, p. 110). Elle finit par se plaire au singulier jeu de se balancer (...) avec le frémissement continu d'une almée dansant la danse du ventre (ZOLA, Nana, 1880, p. 1270) :
3. ... la petite exécuta la danse des œufs : on dispose par terre un certain nombre d'œufs en damier, et il faut passer dans les petites allées que les rangées forment, les yeux bandés, sans que le pied heurte aucun des obstacles.
GAUTIER, Italia, Voyage en Italie, 1852, p. 11.
SYNT. Danse amoureuse, bachique, dionysiaque, funèbre, guerrière, gymnique, initiatique, magique, nuptiale, orgiaque, paysanne, populaire, profane, religieuse, rituelle, royale, sacrée, villageoise; danse espagnole, hongroise; danse du feu, des œufs, des poignards, du sabre, du scalp; danse du ventre; être invité à une danse; réserver, promettre une danse à un cavalier; faire des exercices de danse à la barre.
Danse académique ou classique. ,,Ensemble de mouvements de danse codifiés, classés et utilisés dans l'enseignement chorégraphique`` (REYNA 1967). P. oppos. danse moderne. ,,Danse qui s'est dégagée des principes rigides de la danse académique et qui a servi de base au ballet contemporain`` (Lar. encyclop. Suppl. 1968).
Danse de caractère. On se mit à danser des danses dites de caractère (BALZAC, Début vie, 1842, p. 465).
Danse folklorique. Danse populaire traditionnelle pratiquée en costume et en groupe. Assister, à la Maison de l'Armée rouge, à une imposante séance de chants et de danses folkloriques (DE GAULLE, Mém. guerre, 1954, p. 64).
c) HIST. Danse macabre. Représentation plastique en forme d'allégorie de toutes les conditions humaines entraînées dans une ronde par la Mort et des squelettes sarcastiques, en honneur du XIVe au XVIIIe siècle, et ornant généralement des églises, des chapelles ou des cimetières. Cf. macabre. Le branle universel de la danse macabre Vous entraîne en des lieux qui ne sont pas connus! (BAUDEL., Fl. du mal, 1857-61, p. 170).
P. compar. Demain c'est la macabre danse Des souvenirs aux fronts pâlis (MORÉAS, Syrthes, 1884, p. 48).
d) [P. réf. à certains types de danse ou à la techn. normale de la danse] Les têtes baissées se balançaient de droite à gauche, tirant les épaules comme dans une danse sauvage (MALRAUX, Espoir, 1937, p. 659). Je n'avais même pas envie de l'embrasser : Des baisers doivent trouver place tout naturellement dans une suite de gestes, s'imposer dans l'enchaînement des figures de la danse... Mais nous ne dansions pas la belle danse des séductions mutuelles, nous étions figés l'un en face de l'autre... (VAILLAND, Drôle de jeu, 1945, p. 91).
2. [En parlant d'une œuvre musicale] Pièce musicale composée spécialement pour la danse, ou mouvement d'une œuvre musicale. Airs de danse. Jouer toutes sortes de danses (Ac. 1932). Le bucolique concerto en fa (...) se termine par une danse légère, coupée de passages fugués (GHÉON, Prom. Mozart, 1932, p. 263) :
4. ... la Malinconia (du quatuor n° VI de Beethoven) après un dernier soupir sur la dominante de si bémol, se dissipe dans l'inspiration subitement vive et enjouée de l'Allegretto quasi Allegro; c'est une danse rustique, sorte de laendler populaire...
J. DE MARLIAVE, Les Quatuors de Beethoven, 1925, p. 47.
3. Au sing. [En parlant d'un lieu ou d'un groupe de pers.]
a) Endroit où l'on danse. Notre arrivée à la danse. Ces jeunes paysannes bien parées que l'on voit aller tous les dimanches à la danse de leur village (STENDHAL, Lamiel, 1842, p. 106).
b) Ensemble de personnes qui dansent, de danseurs. Toute la danse s'est enfuie, Les yeux noirs avec les yeux bleus (HUGO, Art d'être gd-père, 1877, p. 174).
Entrer dans la danse. Il faut que tout entre dans la danse, même les vieilles [dans la Kermesse de Rubens], et la ronde tourne à perdre haleine (GAUTIER, Guide Louvre, 1872, p. 134).
Au fig. Entrer dans la danse, en danse. Se mettre à participer à quelque chose, à une action déjà en cours. Alors le monstre s'avança, et les petites cornes [de la chevrette] entrèrent en danse (A. DAUDET, Lettres moulin, 1869, p. 39). Il n'y a pas eu de chef d'orchestre dans cette guerre (...) chacun est entré dans la danse longtemps après l'autre (PROUST, Temps retr., 1922, p. 794).
Se retirer de la danse (au fig.). Renoncer à l'amour. Une femme devant replier ses rêves les plus brûlants et se retirer de la danse (COLETTE, Pays. et portr., 1954, p. 95).
Spéc. Foyer de la danse. Salle commune où se réunit le corps de ballet dans un théâtre. Par quel hasard un homme posé, un homme rangé, un homme de principes, comme maître Alfred L'Ambert, se trouvait-il trois fois par semaine au foyer de la danse? (ABOUT, Nez notaire, 1862, p. 12).
II.— P. anal.
A.— [Avec un compl. prép. spécificateur] Série de mouvements élégants, harmonieux ou rythmés, réguliers ou rapides, saccadés, qui rappellent une danse.
1. [En parlant de certains animaux] Elles [les mouches] sont prises d'une gaieté folle, elles bourdonnent, elles sautent (...) mais c'est l'heure de mourir, et, paf! au milieu de la danse, elles tombent raides. C'est fini, adieu le bal! (SAND, Corresp., t. 5, 1812-76, p. 100). Comment rêver d'amour, couchée sur une paillasse, avec la danse des rats et ces ombres sur le plafond rayé noir et blanc (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 23).
En partic. Danse des libellules, des abeilles; danse nuptiale des oiseaux :
5. Lorsque les butineuses reviennent à la ruche au terme de leurs explorations de provende, elles exécutent des mouvements caractéristiques auxquels on a donné le nom de « danses » en raison de leur stéréotypie motrice spécifique.
G. Thinès ds Encyclop. univ., t. 12, 1972, p. 228.
2. [En parlant de choses] La danse des atomes, des étincelles, des étoiles, des poussières lumineuses. En cas d'allègement brusque, abandonnant le poids entier de l'archet aux seuls pouce et 1er doigt — ce que font nombre de violoncellistes, — la danse de la baguette, [de l'archet] dans la paume de la main serait inévitable (ALEXANIAN, Violoncelle, 1914, p. 204). Alors commence tout doucement la danse des âmes : la vie sociale (GIONO, Poids du ciel, 1938, p. 16).
SYNT. Une danse d'animalcules imperceptibles; une danse de scintillations, d'atomes; la danse d'un bateau sur l'eau, des flots de la mer; la danse des marteaux sur l'enclume.
B.— Gén. péj.
1. Va-et-vient désagréable.
a) [Le compl. désigne une chose] Va-et-vient, mouvement incessant. La danse des valeurs. Va-et-vient continu de la richesse et de l'intelligence, danse affolée des millions (ZOLA, Bonheur dames, 1883, p. 707).
b) [Le compl. désigne une pers.] Va-et-vient, manigances intéressées. Il y a la danse de l'épicier, du tailleur, du commissaire-priseur, par quoi ils s'efforcent de persuader à leur clientèle qu'ils ne sont rien autre qu'un épicier (SARTRE, Être, 1943, p. 99).
2. Mouvement régulier mais bruyant. Le tapage de leurs semelles [aux deux soldats] frappant simultanément le pavé sonnait la danse précipitée du marteau de forge sur l'enclume (COURTELINE, Train 8 h 47, 1888, II, 8, p. 189).
Locutions
Mettre en danse. Mettre en mouvement rythmé et souvent brutal. Je n'ai pas besoin du charron pour le mettre en danse [le moulin] (SAND, F. le Champi, 1850, p. 173). J'avais des éblouissements qui mettaient toutes choses en danse autour de moi (FABRE, J. Savignac, 1863, p. 98).
Entrer en danse. Se mettre bruyamment en mouvement, entrer en action. On entendait le gros marteau-pilon entrer en danse (ZOLA, Travail, t. 1, 1901, p. 217) :
6. Un isolé qui s'avancerait sur cette chaussée (...) les moulins à café de là-bas auraient vite fait de lui régler son compte! (...) un seul mouvement parmi les pierres (...) tous leurs sales outils entrent en danse : les mitrailleuses crachent, les fusants miaulent, les grosses marmites dégringolent...
GENEVOIX, Au seuil des guitounes, 1918, p. 204.
3. [Avec une idée d'irrégularité ou de violence]
a) MÉD. [En parlant d'un mouvement rythmique du corps, des membres]
Danse des jambes. ,,Mouvements rythmiques des jambes observés quelquefois chez un sujet atteint d'insuffisance aortique alors qu'on lui demande de croiser les jambes; ils correspondent aux pulsations exagérées des grosses artères`` (Méd. Biol. t. 1 1970). Le clonus du pied, la danse de la rotule (...) furent observés (Camus, Gournay ds Nouv. Traité Méd., fasc. 2, 1928, p. 804). P. ext. Danse des artères. Battements exagérés.
Danse de Saint-Guy ou danse de Saint-Vitus. Maladie nerveuse se manifestant par des convulsions spasmodiques, des mouvements désordonnés auxquels le malade ne peut s'opposer. Synon. chorée (de Sydenham) (Méd. Biol. t. 1 1970). Il se contorsionne, il grimace, une sorte de danse de Saint-Guy disloque tous ses mouvements, il s'exhibe dans des poses grotesques (SARRAUTE, Ère soupçon, 1956, p. 24).
P. métaph. Elles [les Alpes] sont pour moi l'image d'un grand désordre, un cataclysme figé, ce qui reste d'une convulsion arrêtée en pleine danse (GREEN, Journal, 1955-58, p. 299).
b) Fam. Action collective comparée à la danse. Il n'y a pas de musique sauf ce chuintement léger des graines lancées. C'est sourd et léger, mais il y a tant de mains qui lancent que peu à peu au fond de l'air il y a quand même la musique souple pour cette danse de lourdeur et de travail [la semaison] (GIONO, Joie, 1935, p. 286).
En partic. Engagement militaire, bataille (supra I B 3 b). Cependant, les deux armées s'étaient arrêtées en face l'une de l'autre (...) — Frère, dit-il [Sidoine] (...) la danse ne commencera jamais, si je ne la mets en branle (ZOLA, Contes Ninon, 1864, p. 214). Anglais et Bourguignons recommençaient la danse (A. FRANCE, J. d'Arc, t. 2, 1908, p. 93). Le bruit se répandait de plus en plus que la Coloniale allait venir nous relever à la Grenouillère, qu'elle allait attaquer et que nous, nous ne serions pas de la danse (CENDRARS, Main coupée, 1946, p. 295).
c) Arg. et pop. Coups. Donner, allonger, coller, filer, flanquer une danse à qqn. Lui administrer une correction. Évitez des dancings la coûteuse impudence. Si j'étais votre époux, Madame, ah, quelle danse! (TOULET, Vers inéd., 1920, p. 260) :
7. Il [Ricard] a encore une faiblesse (...) il pisse au lit. C'est en vain qu'il prie Dieu (...) il retombe désespéré sous le coup de torchon de sa mère, qui a une drôle d'expression pour annoncer que la danse commence. Elle dit (...) en levant le fouet : « Ah! nous allons faire pleurer le lapin! ».
J. VALLÈS, Jacques Vingtras, L'Enfant, 1879, p. 177.
P. ext. Mauvais traitement, punition. Le drôle [l'adjudant Flick] choisissait ses types (...). Et tout de suite la danse commençait, la manne céleste des nuits de boîte et des basses corvées (COURTELINE, Train 8 h 47, 1888, I, 2, p. 26).
Rem. On rencontre ds la docum. l'expr. danse de l'anse du panier (cf. faire danser l'anse du panier sous anse B 1). Cette femme était coupable de ce que la jurisprudence appelle vol domestique et la métaphore banale, danse de l'anse du panier (HUGO, Actes et par., 1, 1875, p. 802).
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932. Homon. dense. Étymol. et Hist. 1172-75 (CHR. DE TROYES, Charrette, 1658 ds T.-L.); ca 1223 fig. (G. DE COINCY, éd. F. Kœnig, 1 Mir. 10, 1810 : ... tant seit de la vielle dance). Déverbal de danser. Fréq. abs. littér. :2 425. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 2 705, b) 3 675; XXe s. : a) 3 003, b) 4 228. Bbg. GOTTSCH. Redens. 1930, p. 100, 288, 374, 375, 458. — LINDFORS. — NORDIN (E. G.). Danse — dansette — dansiée. Z. fr. Spr. Lit. 1939, t. 63, pp. 65-70. — SAIN. Lang. par. 1920, p. 400. — SPITZER (L.). La Danse macabre. Mél. Dauzat (A.). Paris, 1951, pp. 307-321.

danse [dɑ̃s] n. f.
ÉTYM. V. 1172; de danser.
1 Action de danser; suite expressive de mouvements du corps exécutés selon un rythme, le plus souvent au son d'une musique et suivant un art, une technique ou un code social plus ou moins explicite. || La danse : l'activité qui consiste à danser. || L'art de la danse. Chorégraphie; saltation (antiq.). || Une danse : l'acte, les mouvements spécifiques par lesquels on danse. || Exécuter, interpréter une danse. || Pas, figure de danse. || Rythme, mesure de la danse. Cadence. || Rythmer une danse en frappant du pied, des mains, avec des castagnettes, en chantant, en jouant de la musique. || Danse légère, sautillante, trépidante, effrénée, endiablée, échevelée; danse lente, lourde, grave. || Danse exécutée par une personne, un couple ( Danseur), un groupe de personnes ( Ballet, quadrille).Loc. Ouvrir la danse, la commencer. || Festival, récital, intermède de danse. || Leçon, cours de danse. || Art de transcrire la danse sur du papier. Chorégraphie, orchésographie. || Libretto d'une danse.Terpsichore, muse de la danse. || Danse de Salomé devant Hérode. || La danse, groupe sculptural de Carpeaux. || L'Âme et la Danse, œuvre de Paul Valéry. || La danse cosmique de Çiva (→ ci-dessous, cit. 7.1).
1 La danse est donc le quatrième des beaux-arts employés dans la constitution de la scène lyrique; mais les trois autres concourent à l'imitation (…)
Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse, II, XXIII.
2 On faisait cercle, on l'applaudissait, et, lancée, elle ramassait ses jupes, les retroussait jusqu'aux genoux, toute secouée par le branle du chahut, fouettée et tournant pareille à une toupie, s'abattant sur le plancher dans de grands écarts qui l'aplatissaient, puis reprenant une petite danse modeste, avec un roulement de hanches et de gorge d'un chic épatant.
Zola, l'Assommoir, II, XI.
3 Les espadrilles à semelle de corde rendent cette danse (le fandango) silencieuse et comme infiniment légère; on n'entend que le froufrou des robes, et toujours le petit claquement sec des doigts imitant un bruit de castagnettes.
Loti, Ramuntcho, I, IV.
4 Il semblait que la danse fût pour elle le rythme même de la vie, tant elle s'y livrait avec jouissance et avec art.
Edmond Jaloux, le Jeune Homme au masque, I, p. 8.
5 La danse eut toujours pour objet d'apprivoiser la timidité du mâle, tout en le contraignant à maîtriser ses désirs.
A. Maurois, Un art de vivre, p. 71.
6 Qui n'a pas éprouvé, à l'annonce d'une nouvelle particulièrement heureuse, cette détente intérieure qui nous pousse à sauter, à bondir ? C'est cela la danse.
Francis de Miomandre, la Danse, Introd.
7 Ce mouvement, si étrange pour ceux qui restent immobiles à le regarder, pour celui qui s'y livre si naturel, ce mouvement provient d'un instinct, un des plus puissants de notre physiologie. Pour en saisir l'origine, il faudrait remonter au delà de toute histoire à ce moment de la durée presque inconcevable où l'homme, découvrant en lui ce besoin de remuer en mesure, s'y abandonna.
Francis de Miomandre, la Danse, Introd.
7.1 (…) l'âme du temple est la danse de Çiva. Mais le mot danse nous suggère le contraire de ce qu'il signifie dans l'Inde, qui ignore le bal. La danse des dieux est une solennisation du geste, comme la musique sacrée est une solennisation de la parole. Initialement, Çiva dansait sa victoire sur les ennemis qu'il venait d'exterminer; mais il danse aussi la danse de Mort, celle que voient les Hindous dans les flammes des bûchers (…)
Malraux, Antimémoires, Folio, p. 284.
Par métonymie. Vx ou régional. || La danse : l'ensemble des danseurs.Loc. Entrer dans la danse : se mettre à danser avec les autres.Mener la danse : diriger un groupe de danseurs en dansant soi-même. Au fig. → ci-dessous, 4.
(Qualifié; désignant une sorte de danse). || Danse classique. || Danse de caractère, qui exprime les caractères d'un lieu, d'une action, d'un type humain. || Danse villageoise, paysanne ( Olivettes, sabotière, villanelle…), de marins ( matelote), danse régionale, folklorique, populaire, nationale, exotique; danses typiques de différentes cultures. Allemande, aragonaise, bamboula, boléro, bossa-nova, cachucha, chica, cracovienne, czardas, derviches (danse des), écossaise, fandango, flamenco, forlane, fricassée, gavotte (bretonne), gitan (danse gitane), habanera, hussarde, jabadao, jota, matchiche, mauresque (danse), pavane, polonaise, russe (danse russe), saltarelle, sardane, séguedille, sicilienne, tarentelle, tyrolienne, varsovienne, zapatéado, zorongo. || Composition musicale dont les différentes parties empruntent la forme d'une danse ancienne ( Partita, suite). || Le kasatchok, danse cosaque. || Le bugaku, danse rituelle japonaise exécutée par les musiciens de gagaku. || Danse profane; danse religieuse, sacrée, liturgique, rituelle. || Danses sacrées antiques. Emmélie, gymnopédies. || Danses des prêtres de Cybèle. → Corybante, cit. || Danse des derviches tourneurs. || Danses guerrières des « primitifs », des Anciens ( Pyrrhique). || Danse érotique, lascive, grotesque, satyrique ( Sicinnis); danse orgiaque, dionysiaque, bachique; danse des Bacchantes, des Ménades. Bacchanale, bibasis, cordace. || Danse du Sabbat; danse macabre. || Genres qui s'apparentent à la danse de caractère. Mime, mimique, pantomime.Danse rythmique, gymnique, plastique; danse acrobatique, funambulesque. Gymnastique.Danse du ventre.Danse rythmée par le bruit des pieds. Claquettes. || Danse enfantine où l'on court en se donnant la main. Chaîne, farandole, ronde.
8 La danse elle-même (en Grèce) est un exercice ou un défilé. Dès cinq ans, on enseigne aux garçons dans la pyrrhique, pantomime de combattants armés qui imitent tous les mouvements de la défense et de l'attaque, toutes les attitudes que l'on prend et tous les gestes que l'on fait pour frapper, parer, reculer, sauter, se courber, tirer de l'arc, lancer la pique. Il y en a une autre nommée anapale, où les jeunes garçons simulent la lutte et le pancrace. Il y en a d'autres pour les jeunes hommes; il y en a d'autres pour les jeunes filles, avec des sauts violents, des « bonds de biche », des courses précipitées où, « pareilles à des poulains et les cheveux flottants, elles font voler la poussière ». Mais les principales sont les gymnopédies, grandes revues où figure toute la nation distribuée en chœurs.
Taine, Philosophie de l'art, t. II, IV, III, II, p. 186.
9 Sa danse (de la bayadère) est plutôt une série de poses et d'expressions, une sorte de monologue mimé, avec ces continuelles alternatives d'approche et de recul (…)
Loti, l'Inde (sans les Anglais), IV, XII, p. 220.
10 À l'heure actuelle, la danse liturgique persiste encore, mais c'est en Espagne surtout que la tradition de ces saintes fariboles s'est conservée.
Huysmans, la Cathédrale, p. 475.
Danse professionnelle. || Danse classique. || Danse moderne. || Conservatoire de danse. || Faire des exercices de danse à la barre. || Costume de danse. Danseur. || Chaussons de danse : chaussons à bouts durs permettant de faire les pointes. || Mouvements, pas de danse. Adage, aile (ailes de pigeons), arabesque, assemblé, attitude, balancé, ballonné, basque (pas de), battement, battu, bond, bourrée (pas de), brisé, cabriole, changement (de pied), chassé, chassé-croisé, contredanse, contretemps, coulé, coupé, couronne (bras en), course, déboulé, déchassé, dégagé, détiré, détourné, développé, écart (grand), échappé, emboîté, enlevé, entrechat, fouetté, gargouillade, glissade, glissé, jeté, moulinet, piqué, pirouette, plié, pointe, relevé, révérence, rond (de jambe), saut, sissone, soubresaut, temps, tombé, tour, zéphyr (pas de). || Personne chargée d'organiser la danse. Chorège, chorégraphe, coryphée, maître (de ballet).
Foyer de la danse : salle de réunion d'un corps de ballet.
Activité sociale qui consiste à danser entre hommes et femmes; exercice occasionnel de cette activité. (pop.) Gambille, guinche. || Réunions consacrées à la danse. Bal, 2. boum (fam.), dancing, dansant (thé dansant, soirée dansante), sauterie, surprise-party; danser. || Danse en plein air, sur une place publique. || Salle de danse. || Endroit d'une salle uniquement réservé à la danse ( Plateau, piste). || Cirer une piste de danse. || Orchestre de danse. || Être invitée à une danse; ne jamais être invitée (→ Faire tapisserie). || Réserver, promettre une danse à un cavalier. || Couple qui ouvre la danse. || Reprises d'une danse. || Danses anciennes. Anglaise, boiteuse, bourrée, branle, cancan, carmagnole, carole, chacone, chahut, chaîne (anglaise), contredanse, cotillon, courante, gaillarde, galop, gavotte, gigue, guimbarde, lanciers, loure, mazurka, menuet, momerie, passacaille, passe-pied, pastourelle, pavane, polka, redowa, rigaudon, sarabande, scottish, shimmy, tambourin, tricotets. || Danses modernes. Be-bop, biguine, black-bottom, blues, boston, cake-walk, calypso, cha-cha-cha, chaloupée, charleston (cit. 1), fox-trot, java, jerk, marche, mambo, one-step, paso-doble, pogo, rock (and roll), rumba, samba, ska, slow, swing, tango, twist, valse…
11 Notre duchesse de Bourgogne, qui, malgré tout son mérite, est un peu trop engouée de la danse, des bals et des mascarades (…)
Mme de Maintenon, Lettre au duc de Noailles, 25 janv. 1711.
12 Les danses s'interrompirent, les couples se dénouaient, et l'on cessa de voir tourner les monstres bicéphales, qui écrasaient sous leurs pieds des raisins imaginaires, mais dont la fermentation était réelle et se mêlait à la chaleur de l'air.
Edmond Jaloux, le Jeune Homme au masque, I, p. 1.
13 (…) les danses ardentes et chaloupées du Moulin de la Galette, où fréquentent indistinctement trottins et gigolettes, calicots valseurs, barbillons, rapins et curieux.
Francis Carco, Jésus-la-Caille, II, IV, p. 101.
Par métonymie. Vx ou régional. Lieu où l'on danse. Bal. || Aller à la danse.
2 Musique sur laquelle on danse ou l'on peut danser; air à danser. || Jouer une danse au piano.Musique inspirée d'un rythme de danse. || Danses norvégiennes, de Grieg. || Danse macabre, de Saint-Saëns. → aussi ci-dessus les noms de danse (polka, valse, etc.).
3 Par anal. Série de mouvements rythmés qui évoquent la danse. (Animaux). || Danse de l'ours : dandinement de l'ours dressé sur ses deux pattes postérieures. || Faire exécuter une danse à des caniches.Mouvement naturel dansant (oiseaux, insectes). || Danse des libellules, des abeilles. || Danse nuptiale des oiseaux.
14 Au bord de la rivière, les moucherons par essaims menaient leur danse.
France, le Lys rouge, XXVII, p. 200.
(Choses). || Danse des flocons de neige, des feuilles, des vagues. || Danse des corpuscules dans un rayon de lumière.
15 Gilieth fonça dans la poussière de neige qui tourbillonnait autour de lui dans une danse joyeuse et malfaisante.
P. Mac Orlan, la Bandera, XVII, p. 206.
Spécialt (personnes). Démarche dansante.Par métaphore :
16 La prose n'est pas une danse. Elle marche. C'est à cette marche ou démarche qu'on reconnaît sa race, cet équilibre propre à l'indigène dont la tête porte des fardeaux.
Cocteau, la Difficulté d'être, Des mots, p. 199.
(1754). Méd. || Danse de Saint-Guy. Chorée.
4 Fig. et fam. Entrer dans la danse, entrer en danse : entrer en action, participer à qqch. Course, scène (entrer en scène). — ☑ Renoncer à, se retirer de la danse : ne plus avoir d'affaires de cœur. — ☑ Mettre en danse, en action.
17 (…) cet homme pris et possédé de son savoir (…) qui veut rentrer à toute force dans la conversation, et qui est toujours au guet pour prendre au bond l'occasion de se remettre en danse (…)
Mme de Sévigné, 1128, 26 janv. 1689.
18 Plutôt qu'un bout-rimé me fasse entrer en danse !
Molière, Poésies diverses, Bouts-rimés.
Péj. Mener la danse : diriger une action collective.
5 (Choses). || La danse des prix, des valeurs. Valse.
6 Fam. Donner une danse à qqn, lui administrer une correction, des coups. aussi Contredanse, 2.
19 Tout juste bon à prendre ma paie, à rentrer soûl et me taper dessus. Tenez, regardez (elle retrousse sa manche), ça, c'est la danse d'hier.
A. Sarrazin, la Cavale, p. 214.
COMP. Contredanse, dansomanie.
HOM. Dense.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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